suite du I) du cours sur l'histoire

SI VOUS AVEZ L'INTENTION DE ME RENDRE DANS LA SEMAINE LE PETIT ESSAI QUE JE VOUS AI PROPOSE D'ECRIRE, NE LISEZ PAS CE QUI SUI T !
JE VOUS PROPOSE MON PETIT ESSAI PERSONNEL A MOI.


c) L'Histoire se répète t'elle ? Que faut il en penser ?


L'histoire de notre espèce semble effectivement être sous le signe de la répétition : les hommes se dominent les uns les autres, s'exploitent les uns les autres, s'entretuent, détruisent leur environnement : rien de nouveau sous le soleil….
Au moyen âge, on surexploite les forêts, on meurt de la peste, on massacre les femmes en les accusant de sorcellerie, on se soumet à des rois de droit divin ; aujourd'hui on surexploite les ressources fossiles, on meurt du sida, du covid 19, on massacre toujours les femmes ("féminicides"), on travaille trop pour envisager des formes de vie politique davantage participatives. La vision pessimiste est très séduisante , pourtant….

1) critique de la vision pessimiste : 

L'impression de répétition est sûrement fondée, mais ne doit pas faire oublier une autre caractéristique de notre espèce, notre capacité à cumuler les savoirs et les techniques sans repartir à zéro. Voilà ce que dit Pascal sur la différence entre animal humain et animaux non humains (Préface pour un traité du vide): 

Les ruches des abeilles étaient aussi bien mesurées il y a mille ans qu'aujourd'hui, et chacune d'elles forme cet hexagone aussi exactement la première fois que la dernière. Il en est de même de tout ce que les animaux produisent par ce mouvement occulte. La nature les instruit à mesure que la nécessité les presse, mais cette science fragile se perd avec les besoins qu'ils en ont : comme ils la reçoivent sans étude, ils n'ont pas le bonheur de la conserver ; et toutes les fois qu'elle leur est donnée, elle leur est nouvelle, puisque, la nature n'ayant pour objet que de maintenir les animaux dans un ordre de perfection bornée, elle leur inspire cette science nécessaire, toujours égale, de peur qu'ils ne tombent dans le dépérissement, et ne permet pas qu'ils y ajoutent, de peur qu'ils ne passent les limites qu'elle leur a prescrites. Il n'en est pas de même de l'homme, qui n'est produit que pour l'infinité. Il est dans l'ignorance au premier âge de sa vie ; mais il s'instruit sans cesse dans son progrès : car il tire avantage non seulement de sa propre expérience, mais encore de celle de ses prédécesseurs, parce qu'il garde toujours dans sa mémoire les connaissances qu'il s'est une fois acquises, et que celles des anciens lui sont toujours présentes dans les livres qu'ils en ont laissés.


Il est effectivement discutable de défendre l'idée d'un progrès global de l'humanité, linéaire, évident : vivons nous mieux aujourd'hui en 2020 qu'au Paléolithique où nous étions chasseurs cueilleurs ? Au vue de nos connaissances aujourd'hui sur les société de chasseurs cueilleurs, la question mérite d'être posée ; mais on peut dire, me semble t'il, qu'il y a des progrès  repérables : 
"La mortalité infantile était écrasante au Moyen Âge. Elle représentait pour les familles un phénomène terriblement récurrent : un nouveau-né sur quatre décédait dans sa première année et à peine plus d'un sur deux atteignait l'âge de dix ans. [...] sitôt qu’ils n’étaient plus protégés par l’allaitement maternel, les enfants étaient exposés à une succession de maladies infantiles éprouvantes et d’épidémies." (j'ai trouvé ça sur un chouette site consacrées aux idées reçues sur le Moyen-Âge).  Chiffre de la mortalité infantile aujourd'hui en France, après 1000 ans de progrès scientifiques et médicaux : 3,7 enfants sur 1000 naissances meurent avant l'âge d'un an. La différence est énorme !

Par ailleurs la vision pessimiste de l'Histoire repose elle-même sur une vision pessimiste de l'Homme en général, de la nature humaine : l'homme serait un animal naturellement violent et égoiste, et dans 3000 ans, les choses n'auront pas beaucoup changé... Or cette vision de la nature humaine est loin d'être démontrée. En philosophie, c'est l'opposition entre Hobbes ("L'homme est un loup pour l'homme ") et Rousseau (« La nature a fait l’homme heureux et bon, mais […] la société le déprave et le rend misérable. »). On retrouve les idées de Hobbes dans le petit texte de Schopenhauer, posté précédemment.

voici quelques arguments contre cette vision noire et désabusée de la nature humaine, tirés du livre de Charles Mac Donald, dont je vous ai déjà parlé (L'ordre contre l'harmonie) : 

- On peut affirmer l'existence de sociétés non violentes dans l'histoire de notre espèce : les hommes préhistoriques, la plupart des sociétés primitives (pas toutes) sont globalement non-violentes. Il peut y avoir des conflits interpersonnels, des violences, des homicides, mais pas de violence généralisée et massive comme nos sociétés modernes, avec leurs Etats et leurs armées, leurs guerres mondiales et leurs armes de destruction massive. Les Inuits par exemple sont explicitement  non violents : il y a "obligation de réprimer toute expression de mauvaise humeur envers un autre, celle de manifester de la bonne volonté, de la sympathie de la coopération, de l'honnêteté, de l'humilité [...] Le point essentiel n'est pas que l'agression et la violence soient totalement absentes, mais qu'elles soient évitées, neutralisées, ou constamment atténuées et disciplinées par une éthique très explicite et très rigoureusement mise en pratique". La violence est donc autant une affaire naturelle que culturelle : les sentiments naturels comme la colère, la jalousie, la haine (=nature) sont atténués, efficacement ou non, par certaines manières d'être ou de vivre (=culture).



bon ça fait déjà beaucoup pour aujourd'hui, on termine ça demain.

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