corrigé Epicure : texte sur la mort

Hello tout le monde

aujourd'hui on se consacre à Epicure ; je vous envoie une explication de texte pour le passage de la Lettre à Ménécée sur la peur de la mort. Vous trouverez aussi une intro rédigée avec thèse/question philosophique/structure du texte : c'est l'occasion de réviser tout ça.


thèse du texte :


Epicure propose une définition de la mort qui rend totalement injustifiée et irrationnelle la crainte de la mort. il faut donc respecter un ordre logique : que la mort ne soit pas à craindre est l’aboutissement d’une argumentation philosophique, l’argument utilisé étant un syllogisme. l’intention d’Épicure est donc d’inciter son destinataire à philosopher, le rassurer n’est pas son intention première. C’est l’effet psychologique qui résulte d’une activité rationnelle. Amener Ménécée à la philosophie, à une méditation sur un sujet précis, la mort. M. doit refaire le raisonnement pour lui-même, se convaincre de sa vérité à force d’en éprouver la logique, la rationalité. Le bonheur, oui, mais dans la raison, par la vérité. Il y a sûrement des moyens plus efficaces, plus directs pour rassurer qqn sur ce sujet et dissiper sa crainte de la mort. La philosophie les refuse.


À quelle question répond ce texte ?
 la mort est-elle à craindre : pas faux, mais insuffisant
quelle problématique pourra naître de cette question ?
Épicure raisonne dans le sens du non, quel raisonnement divergent ?
oui il faut craindre, elle n’est pas privation de sensation ? il faudrait remettre en cause la défintion d’épicure, ce qui paraît difficile (même le discours spiritualiste serait d’accord avec cette définition). Quant à l’argt des souffrances précedents la mort il ne tient pas. Sans parler de la remise en cause de cette définition à partir d’un discours sur la persistance para-normale d’une sensation après la mort...

            La question est : doit-on réfléchir sur la mort pour être heureux? Notre bonheur dépend -il de notre capacité à raisonner sur la mort ?



 Plan du texte :

a) Idée ppale la mort n’est rien /nous.
argumentation par syllogisme.

b) une csq : cette idée est source de bonheur. Épicure prend ces distances / discours religieux sur la mort.

 Car ... explication du lien entre conception épicurienne de la mort et bonheur.

d) bêtise de celui qui craint la mort.

4) reformulation de a)

 Repérage des points à expliquer :

Habitue toi : en quoi l’idée proposée est inhabituelle. De quelle habitude s’agit-il ?
en quoi consiste vraiment l’ordre donné par Épicure?

RIEN PAR RAPPORT À NOUS : comment comprendre cette formule ?

Le syllogisme explique cette formule.  il faut faire comprendre en quoi il est explicatif.
il n’est  absolument rigoureux, la conclusion échappe au mécanisme attendu.

Expliquer opposition temps infini/ôter désir d’immortalité. deux méthodes opposées.

expliquer car il n’y a rien de ...

schéma : connaissance de la mort entraîne bonheur. Deux arguments : fin d’un désir et il n’y a rien ...  deux arguments distincts logiquement.

Expliquer la sottise de celui qui craint la mort.

qu’apporte la reformulation ?

introduction rédigée :  

Dans ce texte, Épicure invite son interlocuteur à philosopher sur la mort. La crainte de la mort est totalement irrationnelle, sans fondement, puisque, mettant fin à toute existence, il nous est impossible d’en pâtir. Nous pouvons être heureux si nous arrivons, à force de raisonnement, à nous délivrer de cette crainte. Comment nous libérer d’une crainte qui compromet sérieusement notre aspiration au bonheur ? C’est à cette question qu’Épicure répond dans ce texte, en prenant ces distances par rapport au discours religieux sur la mort. Son intention est de montrer qu’une méditation philosophique sur la mort est un détour absolument nécessaire par lequel l’esprit doit passer s’il veut prétendre au bonheur.
 Après avoir démontré, par la force d’un syllogisme, l’irrationalité de cette crainte (lignes  à ), Épicure explique pourquoi, sur le fondement de cette introduction,  notre vie devient capable de bonheur (lignes   à  ). Au regard d’une telle méditation, la bêtise de celui qui craint la mort est flagrante (lignes  à  ). Les hommes consacrent au rang de mal suprême une chose que la raison ne parvient pas à constituer précisément en chose, en objet susceptible d’être rencontré (lignes  à  ).


A) Explication Première partie :


• Habitue toi  : risque de confusion. Il s’agit de se familiariser avec un raisonnement, et non d’acquérir un automatisme.
penser= faire une démonstration et non répéter.

• qu’est-ce qui est inhabituel ? peur de la mort, désir d’immortalité. refus de mourir. la peur est constituée en objet, par une habitude de langage. la raison nous amène à refuser à la mort le statut d’objet. la mort c’est la fin du sujet sentant : je sens ..., elle ne peut donc se constituer en objet d’expérience, a fortiori en objet d’expérience douloureuse à craindre.

• La mort n’est rien par rapport à nous.
nous=nous les êtres humains dotés de sens.
privation de sensation = fin de la conscience empirique, ou spontanée, fin de cette capacité d’être en rapport avec, d’avoir conscience de qui est constitutive d’objet. le sujet sentant n’a pas l’expérience de sa propre mort.
pas de transition, d’étapes intermédiaires entre vie et mort.
            absence totale de rapport entre existence et inexistence, entre vie et néant. seul existe ce qui m’affecte, est présent à un être présent, à une capacité présente d’être affecté. or la mort est l’abolition de toute capacité de sentir. si donc il est vrai qu’elle viendra, cette mort future ne pourra pas, quand elle sera là m’affecter, car je ne serai plus là pour être affecté. Je ne puis don coïncider avec ma propre mort, puisque moi et ma mort n’existeront jamais ensemble. voir fin du texte.

            B) Explication Deuxième partie :

Conséquence  logique de ce raisonnement : le bonheur.

Première explication :
opposition entre deux façons de se libérer de la crainte de la mort pendant la vie, de libérer la vie de cette crainte : ajouter temps infini/ôter désir de l’immortalité. religion/épicurisme;
religion revient à nier la mort comme destruction,  anéantissement de mon être. La mort est privation de sensation, mais ça tombe bien nous avons une âme, et en plus elle est éternelle ! Incohérence : une forme de sensation est conservée pour ressentir les flammes de l’enfer.
une croyance (absence de toute preuve) vient rassurer  en niant la mort comme fin, terme.
 fin de la sensation, du corps sentant, oui, mais fin de l’âme non par définition c’est impossible.
Épicure : philosophe matérialiste = tout est matière, il n’ y a pas d’être métaphysique immatériel, ce sont des fictions. donc, notre temps est fini, aucun rajout de temps. autre stratégie : ôter un désir, le désir d’immortalité.
peur de la mort=désir de l’éviter=désir d’immortalité.
or mort n’est pas à craindre, le désir s’effondre.

reste à expliquer quel rapport avec bonheur.
fin d’un désir = bonheur, joie.

• désir irréalisable condamne au malheur.

• Théorie des trois désirs chez Épicure :
Les désirs naturels et nécessaires : faim, soif.
les désirs naturels mais pas nécessaires : amour, famille.
les désirs non naturels et non nécessaires : richesses, honneurs.

pour être heureux, il faut absolument repousser les troisièmes, et les seconds dans la plupart des cas : ils n’apportent aucune joie durable et pure ; le mariage et la paternité apportent tant de soucis qu’il est prudent de les éviter. Dans les deux cas, il s’agit d’écarter tout ce qui peut être cause de douleur. Il faut s’en tenir aux premiers désirs, les naturels et nécessaires.
désir d’immortalité : désir contre-nature et non-nécessaire (il nous empêche au contraire de vivre). Il faut le repousser donc.

remarque : définition négative du bonheur : éviter un souci, une tristesse = bonheur. tout ce qui dépasse la sphère des premiers désirs est susceptible d’apporter son lot de soucis, donc on évite, ce qui revient à éviter beaucoup de choses, vie trés peu excitante.
Nietzsche : « L’épicurien choisit ...» Gai savoir, IV, § 306.

Deuxième explication :

Car il n’ y a rien ... 

ne plus craindre la mort permet de moins souffrirr de son vivant. Toutes les craintes pendant notre vie sont amplifiées par celle de la mort, parce que tout souffrance est doublée par la peur de mourir. Savoir aue la mort n’est rien supprime du coup tout de que les autres souffrances tenaient de l’imaginaire. peur de la mort = un facteur d’amplification des souffrances réélles par l’imaginaire. être délivré de la peur de mourir c’est réduire les souffrances à leur seule réalité physiologique.


C) Explication Troisième partie :

le sot anticipe une souffrance impossible.
anticiper une douleur, c’est souffrir avant de souffrir.
mais cette souffrance n’aura jamais lieu : bêtise double.

la pensée de la mort rend les gens tristes, mais ils ont tort, la mort, la nécessité de la mort n’est pas un empêchement au bonheur, encore faut-il se donner la peine de philosopher.

Épicure réconcilie bonheur et mortalité, en ça il n’est pas original. C’est la voie qu’il propose de suivre qui est originale.

• Le bonheur selon Épicure ne résulte pas d’un oubli de la mort. oubli de la mort : ne parlons pas des choses qui fâchent.On refuse de voir en face une vérité désagréable, on fait tout pour ne pas y penser.

Solution spontanée adoptée par beaucoup : nous vivons comme si nous ne devions jamais mourir. «Personne ne croit à sa propre mort» Freud. Nous cherchons à vivre sans penser à la mort.

Théorie du divertissement chez Pascal : la vie humaine est une entreprise de divertissement. Nos entreprises, notre amour des richesses, notre désir des honneurs ont une finalité secrète et inconsciente : nous divertir de notre misérable condition d’êtres mortels. Au lieu de travailler à bien penser, l’homme se distrait sans cesse de lui-même, de sa condition d’être mortel. Inconscience et aveuglement. «Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser». Pensée 168.

au contraire, pour Épicure, il faut penser à la mort, mais sur un mode philosophique, ce qui doit amener à l’évanouissement de toute crainte.

• Le bonheur selon Épicure ne résulte pas d’une négation de la mort par un effet de croyance (croyance en la vie éternelle). on tue la mort elle-même.

• le bonheur résulte d’une meilleure compréhension de ce qu’est la mort. droite connaissance de la mort.

1) politique de l’autruche

2)dénégation (refus d’une réalité par supposition d’une
autre réalité invisible) : ce qui pousse la religion a supposer une vie après la mort ce n’est pas essentiellement la crainte de la mort et le souci du bonheur, elle perdure sous la forme de la crainte des châtiments post-mortem : la mort est scandaleuse pour la morale, c’est un souci moral qui pousse à affirmer l’immortalité de l’âme

3)  connaissance de la mort, méditation de la mort.


Commentaires

  1. Bonjour monsieur,

    J'espère que vous allez bien !
    Merci pour ce corrigé et ces révisions !

    Bonne journée !

    RépondreSupprimer
  2. Juste monsieur, qu'est-ce que la "politique de l'autruche" ?

    RépondreSupprimer
  3. bonjour Romane !
    une autruche met sa tête dans le sable à l'approche d'un danger pour ne pas le voir
    la politique de l'autruche consiste à nier un problème, vivre comme s'il n'existait pas, au lieu de le résoudre

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

notes de troisième trimestre