26 mars : cours sur l'Histoire (suite)
Bonjour à toustes !!
La suite du cours sur l'Histoire aujourd'hui, suite du I) L'Histoire se répète t'elle ?
I) Le point de vue pessimiste : "oui, l'Histoire se répète, et n'a aucun sens."
"sens" peut se comprendre de deux manières : signification et direction.
pour le point de vue pessimiste, l'histoire est
a) un mouvement sans direction qui rejoue indéfiniment les mêmes horreurs, les mêmes comportements, aucune direction assignable, les hommes font du surplace, ou quand ils progressent c'est pour mieux régresser : la révolution française abolit l'esclavage, Napoléon le rétablit. Elle abolit l'Ancien régime et ses privilèges, c'est pour instaurer la loi du mérite individuel, complètement faussée par les origines familiales de l'individu. Nous ne faisons plus trimer les enfants dans nos usines, nous les externalisons en Inde pour fabriquer nos ballons de foot.
b) Un disque rayé, un fou qui répète toujours les mêmes choses, un discours absurde, dénué de sens. La suite des événements n'est pas intelligible, n'obéit à aucune logique : l'histoire est faite de contradictions, d'incohérences, les hommes font une chose puis leur contraire, en même temps ou successivement.
en résume, l'Histoire est "un récit conté par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien" (Shakespeare, Macbeth)
On trouve dans la Bible, dans le livre de l'Ecclésiaste, cette vision des choses, dans la bouche du roi Salomon : « Une génération passe, une nouvelle génération lui succède, mais le monde demeure indéfiniment le même […] On ne pourra jamais assez dire combien tout cela est lassant …ce qui est arrivé arrivera encore. Ce qui a été fait se fera encore. Rien de nouveau ne se produit sur la terre".
On trouve évidemment cette vision chez les philosophes pessimistes comme Schopenhauer (19eme), ou Cioran (20eme).
Lisez bien ce texte de Schopenhauer, qui synthétise parfaitement les choses :
La vraie philosophie de l'histoire revient à voir que sous tous ces changements infinis, et au milieu de tout ce chaos, on n'a jamais devant soi que le même être, identique et immuable, occupé aujourd'hui des mêmes intrigues qu'hier et que de tout temps : elle doit donc reconnaître le fond identique de tous ces faits anciens ou modernes, survenus en Orient comme en Occident ; elle doit découvrir partout la même humanité, en dépit de la diversité des circonstances, des costumes et des moeurs. Cet élément identique, et qui persiste à travers tous les changements, est fourni par les qualités premières du coeur et de l'esprit humains - beaucoup de mauvaises et peu de bonnes. La devise générale de l'histoire devrait être : Eadem, sed aliter [les mêmes choses, mais d'une autre manière]. Celui qui a lu Hérodote a étudié assez l'histoire pour en faire la philosophie ; car il y trouve déjà tout ce qui constitue l'histoire postérieure du monde : agitations, actions, souffrances et destinée de la race humaine, telles qu'elles ressortent des qualités en question et du sort de toute vie sur terre.
Pour cette perspective, il n' y a donc aucun espoir de progrès : NO FUTURE, disaient les punks anglais. Kant réagissait violemment à cette perspective en disant qu'elle était proprement désespérante, et équivalait à un "terrorisme moral".
2) Le point de vue optimiste : "L'histoire ne se répète pas, elle a un sens"
Deux références ici à maîtriser : Hegel (18eme s.) et Marx (19eme s.). c'est un gros morçeau, je vous propose de voir ça demain.
Bonjour,
RépondreSupprimerMerci pour cette partie 1 mais j'ai une question, pour ces philosophes, comme Schaupenhauer, l'Homme ne pourras jamais faire autrement que de recommencer les mêmes erreurs même si il essaye? car nous pouvons voir quand même que certaines choses mauvaises se sont arrêté comme par exemple l'obscurantisme de certaines institutions tels que l'Eglise.
Passé une bonne journée
Bonjour Emeric ! ben justement la discussion est ouverte ; mais oui, Schopenhauer vous dirait que l'homme est condamné à refaire les mêmes erreurs, il y a bien des efforts pour ne pas les refaire, mais on ne peut pas changer la nature de l'homme
RépondreSupprimerVous aurez l'occasion de réfléchir personnellement à cette question, la semaine prochaine, je vous donnerai un travail là dessus, quand on aura fini cette première partie.