Lundi 30 mars : Corrigé Epicure

Bonjour mes chèr-es élèves

J'espère que tout le monde va bien ; Je vous remercie pour les petits mots sympas que vous m'envoyez, les petits "merci" et les petits "coucou" ; Ce blog, c'est mieux que rien, mais je vous avoue que j'ai du mal à le considérer comme une continuation de mon métier, ou comme une géniale invention pédagogique...  le sens de mon métier c'est d'être avec vous, pas derrière mon écran.
Cette semaine je vais essayer de régler mon problème informatique concernant mon inscription à Zoom, et on devrait pouvoir se faire des réunions zoom. ouais! trop bien ! :-)

On commence par un petit corrigé du travail que je vous avais demandé sur Epicure.

1) Oui, effectivement Epicure défend l'idée que la réflexion est une condition de possibilité du bonheur, et donc qu'il ne faut pas s'abstenir de penser pour être heureux. Il prend le contre-pied d'une opinion établie qui veut qu'il ne faut pas se poser de questions, vivre au jour le jour, prendre la vie comme elle vient, si l'on veut être heureux. C'est ce qu'est devenu le mot d'ordre, pourtant à l'origine épicurien, "Carpe diem": te prend pas la tête, et fais la fête. Chez Epicure,  ce lien entre pensée et bonheur est double. 1) Il faut d'abord méditer les grands principes proposés par Epicure dans la lettre à Ménécée, franchir le pas et oser réfléchir dans la direction proposée : les dieux sont ils à craindre ? Faut-il avoir peur de la mort ? Tous les plaisirs sont-ils bons à prendre ? Faut-il repousser forcément la douleur ? 2) au quotidien, il faut, dans telle ou telle situation, utiliser sa raison pour faire vivre concrètement les grands principes d'Epicure : réfléchir pour garder son autonomie vis à des croyances, de la peur de mourir, de l'attrait des plaisirs.

2) Epicure critique la croyance selon laquelle les Dieux puniraient ou récompenseraient les hommes, sous la forme de tel ou tel évènement fortuit. Ce qu'il critique c'est la mentalité superstitieuse : ce qui m'arrive est relié à une cause extérieure magique. En finir avec cette mentalité c'est regagner son autonomie, pour avoir une chance de maîtriser les vraies causes des événements.

Voilà ce qu'écrit Marcel Conche, spécialiste d'Epicure, dans Philomag :
"Loin d’Épicure l’idée, toutefois, de nier l’existence des dieux ! Il affirme même que la connaissance que nous en avons est évidente. Il faut distinguer, d’une part, les dieux de la religion populaire, d’autre part, les dieux épicuriens. Les premiers sont en constant rapport avec les humains pour répondre à leurs prières, les punir ou les récompenser, de sorte que les hommes vivent dans la crainte perpétuelle d’une offense. Dans une béatitude éternelle, immortelle, les seconds occupent les inter-mondes et ne s’occupent pas du tout des humains. Cela nous délivre de toute crainte à leur égard et nous permet de retrouver notre autonomie. Cette liberté est l’une des quatre conditions du bonheur, avec le rejet de la crainte de la mort, la régulation des désirs et la capacité d’endurer la douleur."

L'actualité de cette critique de la superstition est grande : elle concerne non seulement les religions modernes, qui gardent un fond superstitieux sous la figure du Dieu-juge, mais aussi la tendance à se fourvoyer dans des constructions imaginaires en général. voici ce que m'a écrit Sophia que je trouve très bien :
Epicure affirme que les dieux existent mais sous une autre forme que celle à laquelle les gens croient, et que les idées communes du peuple viennent de conjectures trompeuses et non pas de notions évidentes.. Ce phénomène existe encore de nos jours bien que nous ne croyions plus aux dieux. Il existe d’autres croyances au sein de notre société, non seulement religieuses mais parfois scientifiques ou complotistes, qui ne sont pas basées sur des preuves concrètes et des faits mais sur les effets du dénommé biais cognitif plus particulièrement le biais de confirmation (qui consiste à privilégier les informations confirmant ses idées préconçues
).
). Ainsi nous sommes sujets aux mêmes pièges dans notre façon de concevoir le monde et les croyances de notre époque, par conséquent le texte d’Epicure nous concerne tout autant que les gens ayant vécu à son époque à lui.


On peut aller encore plus loin, en disant qu'Epicure critique toute forme de transcendance en général, pas seulement religieuse. revoyez le texte de Nietzsche dans le Gai savoir. : Les croyants et leur besoin de croire". Arrêter de croire en un dieu, un chef, un Etat, c'est arrêter de les craindre et retrouver notre autonomie, notre capacité à mener notre vie sans s'en remettre à une entité extérieure (=une transcendance).

Commentaires

  1. Bonjour monsieur,

    Oui je vais bien merci et j'espère que vous aussi tout va bien !
    Et ne vous en faite pas c'est déjà très bien d'avoir fait ce blog pour nous permette toujours d'avancer dans la philo !

    Merci pour le corrigé !

    Bonne journée !

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