fin du I) du cours sur l'Histoire

- La comparaison avec nos cousins les chimpanzés n'est pas concluante :
les chimpanzés sont nos plus proches cousins dans le règne animal, ils nous donnent une idée exacte de comment se comportait notre ancêtre commun. L'étude de leur comportement est donc essentielle pour  savoir si nos sommes prisonniers ou non d'une tendance naturelle à la violence. Les chimpanzés ne sont pas effectivement les petits animaux kawai et inoffensifs qu'on croyait : ils partent régulièrement en bande de trois ou quatre individus pour aller tuer un membre d'un autre clan, ils sont violents envers les femelles (agressions, viols) et pratiquent même l'infanticide. Mais il existe une sous espèce de chimpanzés, les bonobos, qui eux sont beaucoup plus pacifiques, et ont tout une panoplie de comportements pour sortir des conflits sans violence. Donc à qui doit on comparer homo sapiens ? Sommes nous plus proches des chimpanzés ou des bonobos ? Voilà ce qu'écrit Mac Donald : "Il a fallu à Homo sapiens cinq millions d'années pour se distinguer des chimpanzés et des bonobos, et sur cette durée immense il a subi une complète transformation mentale. Rien ne prouve qu'il n'ait pas suivi la voie du bonobo vers la coopération pacifique, l'égalité sexuelle et la non-violence comme pré-requis de ses toutes premières sociétés." (p.242).


Donc rien ne prouve que la violence soit une fatalité écrasante qui condamne l'histoire à se répéter : à nous d'inventer des moyens pour vivre comme les Inuits ou les bonobos : éducation à la non violence, à l'égalité, au respect, déconstruction des stéréotypes de genre, valorisation de la coopération plutôt que de la compétition (critique du sport !).

2) Critique du point de vue optimiste : 

- critique de Hegel : cette Raison qui gouvernerait l'Histoire ressemble fortement à un avatar du Dieu des religions modernes. Cette Raison, comme Dieu, est une entité extérieure à l'humanité qui se réaliserait progressivement, malgré la folie et la déraison des hommes. Pour les philosophes chrétiens, c'est bien grâce à Dieu, grâce à l’action de la Providence qu’on constate un progrès moral au cours des âges. Dieu a voulu et programmé l'ensemble des évènements de l'Histoire, c'est aux théologiens de se casser la tête pour essayer d'expliquer la présence du mal : comment Dieu a t'il pu programmé le mal ?
Donc la vision hegelienne exige de nous ce qu'exigent les monothéismes modernes : un acte de croyance en une entité extérieure aux hommes.

- critique de Marx : la lutte des classes joue probablement un rôle plus important dans l'Histoire que la mystérieuse Raison de Hegel. De là à affirmer qu'elle aboutira forcément à une chouette société sans classes, c'est prendre ses désirs pour la réalité !  La lutte des classes peut faire régresser la misère, l'exploitation, quand ce sont les dominés qui luttent ( création de la sécurité sociale, des systèmes de solidarité par répartition en France après la seconde guerre mondiale, par ex.), mais elle peut l'aggraver et la renforcer quand ce sont les dominants qui prennent l'offensive. Marx avait prophétisé la fin proche du capitalisme, et l'avènement du communisme comme fin de l'Histoire, on attend toujours...

D'une manière générale, le point de vue optimiste se caractérise par une forme d'ethnocentrisme : "mon ethnie est plus belle plus intelligente, plus évoluée, que les autres, dit l'ethocentrisme ; mon époque est forcément plus évoluée, plus intelligente que les époques passées." On est victime d'une tendance à noircir le passé pour mieux glorifier le présent : "le Moyen-âge était horrible, une période obscure où les gens étaient très bêtes et très sales, les chasseurs cueilleurs du Paléolithique ont un jour réalisé qu'ils étaient dans l'erreur et ont décidé de se sédentariser, et ont pratiqué l'agriculture et l'élevage pour vivre mieux". On sait aujourd'hui que ces récits sont de pures constructions imaginaires.



CONCLUSION DU I) : 

L'Histoire n'a pas de sens, ni direction, ni signification. L'Histoire n'est pas un train dans lequel les hommes seraient embarqués, et qui irait dans une direction précise, un terminus (le Progrès, la Raison de Hegel, le communisme de Marx) et où chaque station serait une étape vers la destination finale. Il n'y a pas de train, les hommes sont à pied, s'entraînent les uns les autres dans des directions multiples, parfois vers le meilleur parfois  vers le pire. Ce sont les hommes qui font l'Histoire, rien n'est écrit à l'avance. ce qui ne veut pas dire qu'elle se répète inlassablement : les hommes repassent régulièrement par les mêmes endroits, font du surplace, certes,  mais sont capables aussi de nouveaux territoires où ils vivent mieux. C'est à nous de tirer les hommes dans des directions qui nous conviennent, de nous battre pour l'égalité, la liberté, la justice.







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