suite du II) du cours sur l'histoire

2) La démarche de l'historien consiste à formuler des hypothèses et à les tester rigoureusement ; en cela sa démarche se rapproche de la méthode expérimentale dans les sciences de la nature.


  ● Tout comme dans les sciences de la nature, l’histoire commence par la construction d’une hypothèse. “Le document n’était pas document avant que l’historien n’ait songé à lui poser une question” (Ricœur).
Dans les sciences de la nature, la théorie est le véritable point de départ et non les faits eux-même ; les recherches de Galilée sur la chute des corps, souvenez-vous, ont pour point de départ la théorie d'Aristote qui entre en crise parce que certaines observations la contredisent. Galilée décide alors de tester une autre théorie. De la même manière en histoire, le véritable point de départ est une hypothèse. Les documents ne sont pas généralement le point de départ. C’est l’hypothèse de recherche qui va guider la recherche des documents. Exemple : une théorie bien établie et enseignée dès l'école primaire dit que les hommes se sont sédentarisés parcequ'ils sont devenus agriculteurs au néolitihique. Des historiens ont travaillé sur l'hypothèse que la sédentarisation n'a rien à voir avec l'agriculture, et effectivement ils ont montré qu'elle précéde l'agriculture de plusieurs milliers d'années (c'est le cas en basse mésopotamie, actuellement en Irak, où les hommes sont sédentaires, autour de -10000 av JC, sans être agriculteurs pendant des milliers d'annés : ce qui remet en cause l'idée selon laquelle un jour les homme auraient brutalement adopté l'agriculture pour mieux vivre, parce qu'ils auraient compris que c'était bien mieux que la chasse et la cueillette)


 ● Pas d’expérimentation possible en histoire : “L’histoire est la science des choses qui ne se répètent pas” (Paul Valéry), mais une confrontation des hypothèses avec les documents et un contrôle rigoureux des documents par une méthode critique.

Dans les sciences de la nature, c’est le protocole expérimental qui va permettre de tester la théorie.
En histoire, il n'y a pas d’expérimentation, pas de laboratoire pour produire des phénomènes.


En histoire les hypothèses sont testées par la confrontation entre les documents. Une bonne hypothèse doit pouvoir rendre compte de tous les documents possibles.

un texte pour synthétiser tout ça : 

« Qu'est-ce donc que l'histoire ? Je proposerai de répondre : L'histoire est la connaissance du passé humain. […] Nous dirons connaissance, et non pas, comme d'autres, « recherche », ou « étude » (bien que ce sens d'« enquête » soit le premier sens du mot grec historia), car c'est confondre la fin et les moyens ; ce qui importe c'est le résultat atteint par la recherche : nous ne la poursuivrions pas si elle ne devait pas aboutir ; l'histoire se définit par la vérité qu'elle se montre capable d'élaborer. Car, en disant connaissance, nous entendons connaissance valide, vraie : l'histoire s'oppose par là à ce qui serait, à ce qui est représentation fausse ou falsifiée, irréelle du passé, à l'utopie, à l'histoire imaginaire […], au roman historique, au mythe, aux traditions populaires ou aux légendes pédagogiques — ce passé en images d'Épinal que l'orgueil des grands États modernes inculque, dès l'école primaire, à l'âme innocente de ses futurs citoyens. Sans doute cette vérité de la connaissance historique est-elle un idéal, dont, plus progressera notre analyse, plus il apparaîtra qu'il n'est pas facile à atteindre : l'histoire du moins doit être le résultat de l'effort le plus rigoureux, le plus systématique pour s'en rapprocher. C'est pourquoi on pourrait peut-être préciser utilement : « la connaissance scientifiquement élaborée du passé », […] c'est-à-dire, par opposition à la connaissance vulgaire de l'expérience quotidienne, une connaissance élaborée en fonction d'une méthode systématique et rigoureuse, celle qui s'est révélée représenter le facteur optimum de vérité. » Henri-Irénée MARROU, De la connaissance historique, Seuil, p.32

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